Optimisation Indépendants

Protection famille indépendant : anticiper l'imprévu

En tant qu'indépendant, vous n'avez pas de protection automatique pour votre famille en cas de décès ou d'invalidité. Voici comment la mettre en place.

Pourquoi protéger sa famille ?

Risque 1 : Décès du chef de famille

Si vous décédez, votre famille perd :

  • Vos revenus professionnels (100 % des revenus si vous êtes seul apporteur)
  • La capacité à maintenir le niveau de vie

Exemple :

  • Revenus annuels : 60 000 €
  • Conjoint sans revenus, 2 enfants
  • À votre décès : revenus = 0 €

→ Sans protection, votre famille est en difficulté financière immédiate.

⚠️
0 €
Revenus famille à votre décès

Si vous êtes le seul à générer des revenus et que vous décédez, votre famille se retrouve sans ressources. La prévoyance décès pallie ce risque.

Risque 2 : Invalidité permanente

Si vous êtes en invalidité permanente (incapacité de travailler) :

  • Perte totale de revenus professionnels
  • Indemnités Sécu (TNS) : ~700 €/mois
  • Indemnités Sécu (SASU) : ~1 200 €/mois

→ Insuffisant pour maintenir le niveau de vie familial.

Risque 3 : Succession mal préparée

Sans préparation, la succession peut être coûteuse et conflictuelle :

  • Droits de succession élevés (jusqu'à 45 %)
  • Indivision entre héritiers (blocages)
  • Patrimoine professionnel et personnel mélangés

Les 4 piliers de protection

1

1. Prévoyance décès (capital + rente)

En cas de décès : capital versé à la famille (100 000 - 500 000 €) + rente mensuelle pour le conjoint/enfants.

2

2. Assurance-vie (transmission optimisée)

Abattement 152 500 € par bénéficiaire. Transmission hors succession avec fiscalité réduite.

3

3. Clause bénéficiaire optimisée

Rédaction précise pour protéger conjoint puis enfants. Éviter indivision et conflits.

4

4. Testament / donation (anticipation)

Préparer transmission patrimoine professionnel et personnel. Éviter blocages et optimiser fiscalité.

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Prévoyance décès

Principe : en cas de décès, la prévoyance verse un capital + une rente mensuelle à votre famille.

Capital décès

Montant recommandé : 3 à 5 fois vos revenus annuels.

Exemple :

  • Revenus annuels : 60 000 €
  • Capital recommandé : 180 000 - 300 000 €

Utilisation du capital :

  • Rembourser dettes (crédit immobilier)
  • Financer études des enfants
  • Constituer un capital de sécurité (placements)

Rente conjoint + enfants

Rente conjoint : 50-70 % de vos revenus nets.
Rente enfants : 10-15 % par enfant jusqu'à 18 ou 25 ans.

Exemple :

  • Revenus nets : 4 000 €/mois
  • Rente conjoint : 2 500 €/mois (jusqu'à son décès ou 65 ans)
  • Rente 2 enfants : 500 €/mois/enfant (jusqu'à 25 ans)

Total : 3 500 €/mois versés à la famille.

Tarif prévoyance décès

Tarifs indicatifs 2025 :

ProfilCapitalRentePrime mensuelle
35 ans, 200 K€ capital200 000 €2 000 €/mois50 €/mois
45 ans, 300 K€ capital300 000 €3 000 €/mois120 €/mois
55 ans, 250 K€ capital250 000 €2 500 €/mois200 €/mois

Déductibilité fiscale (TNS) : la prévoyance est déductible du bénéfice (dans la limite des plafonds Madelin).

🧮

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Assurance-vie : transmission optimisée

Principe : l'assurance-vie permet de transmettre un capital à vos proches avec une fiscalité réduite.

Abattement : 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans).

Exemple :

  • Assurance-vie : 400 000 €
  • Bénéficiaires : conjoint + 2 enfants

Fiscalité :

  • Conjoint : 200 000 € (dont 152 500 € exonérés) → droits sur 47 500 € = 9 500 €
  • Enfant 1 : 100 000 € (exonéré) → 0 €
  • Enfant 2 : 100 000 € (exonéré) → 0 €
  • Total droits : 9 500 €

Vs succession classique :

  • 400 000 € transmis hors assurance-vie
  • Abattement conjoint : 80 724 €
  • Abattement enfants : 100 000 € chacun
  • Droits de succession : ~60 000 €

Économie : 50 500 € grâce à l'assurance-vie.

Clause bénéficiaire : bien la rédiger

Clause standard (à éviter) :

"Mon conjoint, à défaut mes enfants."

Problème : en cas de décès du conjoint avant vous, le capital va directement aux enfants (mineurs) → blocage, tutelle.

Clause optimisée :

"Mon conjoint NOM Prénom, né(e) le date à lieu. À défaut, mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales. À défaut, mes héritiers légaux."

Clause démembrée (avancée) :

"Mon conjoint en usufruit, mes enfants en nue-propriété."

→ Le conjoint perçoit les revenus (intérêts), les enfants possèdent le capital. À son décès, les enfants deviennent pleins propriétaires.

⚠️

Attention

Faites rédiger votre clause bénéficiaire par un notaire ou conseiller spécialisé. Une clause mal rédigée peut créer des conflits familiaux.
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Modèles clauses bénéficiaires

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Testament et donation

Testament

Le testament permet de :

  • Désigner un tuteur pour vos enfants mineurs
  • Répartir votre patrimoine selon vos souhaits
  • Protéger votre conjoint (quotité disponible)

Testament olographe (fait maison) :

  • Écrit, daté et signé de votre main
  • Gratuit
  • Risque de contestation

Testament authentique (notaire) :

  • Rédigé par notaire
  • Incontestable
  • Coût : 150 - 300 €

Donation de son vivant

Principe : vous donnez une partie de votre patrimoine de votre vivant → réduction des droits de succession.

Abattement : 100 000 € par enfant tous les 15 ans.

Exemple :

  • Patrimoine : 600 000 €
  • 2 enfants

Stratégie :

  • Vous donnez 100 000 € à chaque enfant aujourd'hui (droits : 0 €)
  • Dans 15 ans : nouvelle donation 100 000 € chacun (droits : 0 €)
  • À votre décès : reste 400 000 € (200 000 € par enfant)
  • Droits de succession : 200 000 - 100 000 = 100 000 × 20 % = 20 000 € par enfant

Total droits : 40 000 €

Sans donation :

  • Transmission 600 000 € au décès
  • 300 000 € par enfant
  • Droits (~30 %) : 90 000 € par enfant
  • Total : 180 000 €

Économie : 140 000 € grâce aux donations anticipées.

Protection du conjoint

Changement de régime matrimonial

Communauté réduite aux acquêts (par défaut) :

  • Biens acquis après le mariage : communs
  • Biens avant mariage : propres

Problème : à votre décès, le conjoint ne récupère que 50 % des biens communs + sa part dans la succession (souvent 25-50 % selon enfants).

Communauté universelle :

  • Tous les biens sont communs (avant + après mariage)
  • À votre décès : le conjoint garde 100 %
  • Les enfants héritent au décès du second parent

Protection maximale du conjoint.

Donation au dernier vivant

Principe : vous donnez à votre conjoint le droit de choisir sa part dans votre succession.

Options :

  • Usufruit de la totalité
  • 1/4 en pleine propriété + 3/4 en usufruit
  • Quotité disponible en pleine propriété

→ Le conjoint choisit l'option la plus avantageuse selon la situation.

Patrimoine professionnel : anticiper

Option 1 : Clause de rachat des parts (société)

Dans les statuts de votre société, prévoyez une clause de rachat :

  • En cas de décès, les associés (ou la société) rachètent vos parts
  • Prix fixé à l'avance (ou méthode d'évaluation)
  • Financement par assurance "homme clé"

→ Vos héritiers reçoivent du cash (vs parts de société difficiles à gérer).

Option 2 : Assurance homme clé

Principe : la société souscrit une assurance sur votre tête. À votre décès, la société reçoit un capital pour :

  • Racheter vos parts
  • Financer la transition (embauche remplaçant)
  • Compenser la perte de CA

Exemple :

  • Capital homme clé : 300 000 €
  • À votre décès : la société reçoit 300 000 €
  • La société rachète vos parts aux héritiers : 300 000 €
  • Les héritiers reçoivent du cash (facilement partageable)

Les erreurs à éviter

Erreur 1 : Aucune prévoyance décès

Si vous décédez demain, votre famille perd 100 % des revenus. Une prévoyance décès coûte 50-200 €/mois mais protège des dizaines de milliers d'euros/an.

Erreur 2 : Assurance-vie sans bénéficiaire désigné

Sans clause bénéficiaire, le capital est intégré à la succession → fiscalité lourde (jusqu'à 45 %).

Erreur 3 : Ne pas protéger le conjoint

Sans donation au dernier vivant ni changement de régime, le conjoint peut se retrouver en indivision avec les enfants → blocages.

Erreur 4 : Oublier le patrimoine professionnel

Vos parts de société valent 500 000 € → à votre décès, les héritiers doivent gérer la société (impossible sans compétences). Anticipez avec clause de rachat.

Checklist protection famille

✅ Prévoyance décès souscrite (capital + rente)
✅ Assurance-vie ouverte (152 500 € abattement/bénéficiaire)
✅ Clause bénéficiaire rédigée (précise, optimisée)
✅ Testament rédigé (tuteur enfants mineurs)
✅ Donation conjoint au dernier vivant signée
✅ Régime matrimonial évalué (communauté universelle ?)
✅ Clause de rachat parts société prévue
✅ Assurance homme clé souscrite (si société)

Conclusion

Protéger sa famille = anticiper l'imprévu. Une prévoyance décès + assurance-vie coûte 100-300 €/mois mais protège des centaines de milliers d'euros.

Les bons réflexes :

  1. Prévoyance décès : capital 3-5× revenus + rente conjoint/enfants
  2. Assurance-vie : 152 500 € abattement/bénéficiaire (transmission optimisée)
  3. Anticipation succession : donation, testament, clause de rachat

Économie fiscale transmission : 50 000 - 150 000 € selon patrimoine.

Pour aller plus loin :